Cuest’art 2026 : quand l’approche morphologique et dynamique de Virton rencontre un  projet culturel

En urbanisme, la notion de « ville tentaculaire » désigne une ville qui s’étend de manière diffuse et ramifiée à partir d’un noyau central. Ce type de développement se traduit, dans les plans, par des voies rayonnant le long des axes viaires majeurs, donnant l’impression d’une « toile d’araignée ».

 

Dans un travail de recherche mené en 2021 à l’Université de Liège, A. Barbier, sous la direction du professeur M. Goossens, a mis en évidence les principales caractéristiques morphologiques et structurelles de Virton, en soulignant notamment son évolution vers un modèle de ville tentaculaire.

Cette lecture analytique, encore peu connue du grand public, offre un cadre pertinent pour interroger les dynamiques territoriales actuelles.


Dans le contexte de l’édition 2026 de Cuest’art, l’équipe culturelle a souhaité prolonger cette réflexion et en expliciter les fondements, notamment au travers de son visuel.  En associant la figure d’une pieuvre au plan de Virton, l’affiche propose une lecture métaphorique et non dénuée d’humour de son développement urbain, où les tentacules épousent les axes d’expansion de la ville et symbolise cette croissance tentaculaire.

 

 

Genèse
Le parcellaire intramuros de Virton présente les caractéristiques typiques des villes médiévales : une organisation compacte, structurée en îlots carrés. Le réseau viaire s’articule autour d’un axe structurant — l’actuelle Grand-Rue — à partir duquel se déploie le maillage interne de l’ancien noyau fortifié.

Certains espaces publics jouent également un rôle de convergence dans cette organisation, comme la place de la Halle ou la Grand’Place, qui constituent des espaces d’articulation majeurs dans la morphologie urbaine médiévale.

Extensions et mutations à l’époque moderne et contemporaine
À partir de la fin du Moyen Âge et des Temps Modernes, la ville amorce un processus d’expansion au-delà de son enceinte fortifiée, notamment vers les faubourgs. Toutefois, c’est au XIX siècle que s’opère une transformation décisive dans sa dynamique de croissance. Trois phénomènes peuvent être identifiés :

  • l’aménagement de nouvelles voiries en périphérie du centre médiéval ;
  • l’implantation du chemin de fer ;
  • la création de l’avenue Bouvier, conçue comme axe de connexion entre le centre urbain et la gare.

Ces infrastructures agissent comme des vecteurs d’expansion et engagent la ville dans une nouvelle logique de développement.


Au cours des siècles suivants, cette dynamique se consolide et participe à une extension en « toile d’araignée », reliant progressivement le centre historique aux villages composant l’entité communale.

Virton, une ville tentaculaire ancrée dans son passé et tournée vers l’avenir.

À découvrir en septembre à Virton !

 

 

 

Sources
Barbier, A. (2021) Tentative d’une approche dynamique et analytique de la ville de Virton par le biais d’hypothèses. Mémoire de Master en architecture, sous la direction de Marc Goossens, Liège : Université de Liège, faculté d’architecture.

 

  • Carte de Ferraris (1770-78)
  • Carte de Vandermaelen (1846-54)
  • Carte du dépôt de la Guerre (1865-80)
  • Plan cadastral