Les Caves
Situées sous l’Hôtel de Ville, ces salles d’exposition, aujourd’hui connues sous le nom «Les Caves», doivent leur appellation à leur fonction d’origine au sein du bâtiment communal. Datant de 1859, cet espace constitue, avec la façade, le seul élément subsistant de l’Hôtel de Ville initial. À l’époque, ces caves étaient utilisées pour stocker le charbon destiné à chauffer l’ensemble des locaux.
En 1968, lors d’une importante transformation de l’Hôtel de Ville, seule la façade ainsi que ces caves furent préservées, tandis que le reste du bâtiment fut entièrement repensé dans sa configuration actuelle. Les autorités de l’époque choisirent alors d’attribuer à ces lieux une vocation culturelle, fonction qu’ils continuent d’assurer aujourd’hui.
Espace Marguerite Brouhon
Jusqu’en 2022, cet espace situé à l’arrière de l’église était encore appelé « le garage des pompiers ». Dès 1863, le projet prévoyait l’aménagement d’une remise pour les pompes à incendie au rez-de-chaussée et à l’étage, une salle de musique était destinée à accueillir les activités de la Société Philharmonique.
En 2022, dans le cadre de la rénovation du centre-ville, l’espace est repensé comme une vitrine culturelle ouverte et dynamique, au cœur de Virton, destinée à accueillir expositions et rencontres artistiques.
À cette occasion, le lieu est baptisé en hommage au centenaire de la naissance de Marguerite Brouhon, artiste gaumaise emblématique, dont l’œuvre et l’ancrage local incarnent parfaitement l’attachement de Virton à la création et à la transmission artistique.
Parc Foncin
Les jardins de ville apparaissent dans les propriétés bourgeoises avec l’essor de l’urbanisation. Ils se distinguent par un soin esthétique particulier : arbres rares, parterres fleuris, allées, murets ou encore éléments décoratifs tels que des jets d’eau.
Le parc de la maison Foncin s’inscrivait pleinement dans cette tradition. Il abrite encore aujourd’hui trois arbres remarquables : un séquoia géant de Californie, un tilleul argenté et un hêtre pourpre. À l’origine bien plus vaste, il s’étendait de la rue du Bon-Dieu-Gilles jusqu’à la rue Octave Foncin, et était entièrement ceinturé par un mur en pierre sèche. La maison a été construite en 1891, comme l’indique le millésime de la façade.
Atelier Benjamin Lesage
Au début du 20e siècle, Virton comptait au moins cinq brasseries en activité. Dans le Faubourg d’Arival, ce bâtiment était occupé par la brasserie de la famille Lesquoy, dont les entrepôts s’étendaient jusqu’au bâtiment de la boutique « L’As de fleur ». En 1950, le ferronnier Camille Jacob acquiert l’ensemble pour y installer sa forge qui restera en activité jusqu’à son décès, en 1986.
Aujourd’hui, le site connaît une nouvelle vie, tournée vers la création contemporaine. L’artiste Benjamin Lesage y a installé son atelier et y expose son travail photographique. Ce lieu, où dialoguent mémoire industrielle et art actuel, participe pleinement au dynamisme culturel de Virton et à son identité de ville d’art, où les lieux du passé se réinventent au service de la création.
Vatelottes
Le site doit son nom à Jean-Baptiste Vatelot, fondateur d’écoles pour jeunes filles au 18e siècle et à l’origine de la Congrégation des Sœurs de la Doctrine Chrétienne. Installées dès 1875, les Sœurs y développent un important pôle éducatif et fondent le Pensionnat de l’Immaculée Conception (qui fusionne en 1986 avec le Collège Saint-Joseph) ainsi que l’École Normale de Virton.
Au fil de constructions et transformations menées entre la fin du 19e siècle et le milieu du 20e siècle, l’ensemble acquiert progressivement sa configuration actuelle. Aujourd’hui, le site a
abandonné sa vocation scolaire pour devenir un pôle socio-culturel majeur. Il accueille notamment la Bibliothèque communale, la Maison de Jeunes, l’Espace public numérique, l’Espace cohésion
ainsi que de nombreuses associations, contribuant activement à la vie culturelle et sociale de Virton.
Chapelle
Construite en 1904, la chapelle de l’école adopte un style néo-gothique inspiré de l’architecture médiévale. En Belgique, jeune État en quête d’identité, ce retour au Moyen Âge prend une dimension particulière, nourri par des figures emblématiques et par l’évocation d’une période de prospérité urbaine.
Aujourd’hui reconverti, le lieu conserve le volume de sa nef, mis en valeur par une intervention contemporaine sobre. Une tour de verre centrale, desservie par un escalier et un ascenseur, distribue deux niveaux de dalles en béton destinés aux rayonnages. Ces aménagements s’intègrent avec discrétion, préservant vitraux, piliers et chapiteaux d’origine. Le nom « Biblio’nef » évoque à la fois l’architecture du lieu et l’idée de voyage à travers les savoirs et les imaginaires.
Cheval Blanc
Le bâtiment remonte au 18ème siècle, comme l’indiquent les millésimes 1720, gravé sur le linteau au-dessus de la porte, et 1821, visible sur la chaîne d’angle droite. On y loge et s’y restaure, la qualité de sa cave étant soulignée par les sources anciennes. L’établissement accueille également les chevaux, puis s’adapte à l’essor de l’automobile en se dotant d’une pompe à essence.
Véritable relais d’étape, il s’inscrit dans le réseau d’auberges qui jalonnent les grands itinéraires. À l’époque des diligences, il faut 14 à 16 heures pour relier Arlon à Namur, contre moins de six avec l’arrivée du chemin de fer. L’hôtel reçoit de nombreux voyageurs, dont Victor Hugo, qui y séjourne le 26 août 1862 lors de son exil. Ou encore le Roi Baudoin et la Reine Fabiola le 21 septembre 1970.
Musée gaumais
Fondé en 1937 à Virton par Edmond Fouss, le Musée gaumais intègre l’aile subsistante de l’ancien couvent des Récollets datant du 18e siècle. Son créateur entend alors préserver le patrimoine et les traditions gaumaises face aux bouleversements de la révolution industrielle.
En 1968, un clocher à bulbe inspiré de l’architecture religieuse gaumaise est ajouté au bâtiment ancien. Un jacquemart représentant un moine récollet nommé « frère Jacques » y est également installé et marque encore les heures. En 1990, une extension contemporaine en façade, reliée par une passerelle vitrée, vient compléter l’ensemble. Enfin, en 2021, la rénovation de l’aile gauche donne naissance à la Galerie du Récollet, dédiée aux expositions temporaires et aux activités culturelles.
Maison Gerbaux
La maison Gerbaux compte parmi les plus anciens bâtiments du centre-ville. Édifiée dès le 15e siècle, elle conserve une charpente datée de 1702. À l’arrière, une tourelle a longtemps nourri l’imaginaire local, on y voyait un vestige des anciennes fortifications, ce qui inspira le nom du commerce « À la vieille tour ». Cette interprétation, liée à la proximité de l’ancienne porte d’Ardenne, est toutefois erronée: la tourelle abrite en réalité un escalier en vis, partiellement hors-œuvre, typique de l’architecture domestique jusqu’au 16e siècle.
En 1877, l’imprimerie-librairie Gerbaux s’installe quelque temps rue de la Poste, avant de rejoindre ce bâtiment. Aujourd’hui propriété de la Fondation Roi Baudoin, via le Fonds Marie-Joseph Gerbaux.
Eglise Saint-Laurent
De style néo-classique, cette église est livrée au culte en 1834. Sa façade se distingue par un portail monumental rythmé de quatre colonnes colossales à chapiteaux ioniques, surmonté d’un fronton triangulaire orné d’un bas-relief.
À l’intérieur, l’édifice conserve une chaire à prêcher de 1745, sculptée par Martin Jacques pour le couvent des Récollets. À la fin des années 1950, l’église est réaménagée par l’architecte virtonnais Alexis Bodson ; quatre vitraux de Louis-Marie Londot y sont alors installés. Au fond de la nef, un tableau de Gaspard de Crayer (17e siècle) représente l’apparition de la Vierge à Saint-Bernard.
Depuis 2014, un carillon de onze cloches rythme la vie du lieu, avec des mélodies enregistrées avec la participation du compositeur Camille Bodson.
Moulin Naisse
En 1577, un moulin à poudre s’établit sur ce site des « faux-bourgs » de Virton. Un siècle plus tard, il est reconverti en scierie. Un millésime encore visible atteste d’un important réaménagement en 1797. Vers 1875, le site devient un moulin à tan. En 1928, Jean Naisse acquiert la propriété et modernise les installations pour y développer une scierie hydraulique, active jusqu’en 1969. Malgré ces transformations, le moulin conserve des éléments remarquables, dont une roue à aubes et une machinerie datant de 1825, témoins de son patrimoine technique. Dans son prolongement, un corps de logis du 19e siècle, adossé à l’ancienne tannerie, rappelle l’activité industrielle du lieu.
Classé en 1990 par la Commission royale des Monuments et Sites, l’ensemble bénéficie aujourd’hui d’une protection patrimoniale.
Maison Frérotte
À l’origine, la Maison Frérotte est une fermette bicellulaire typique, composée d’un logis et d’une écurie attenante. À la fin du XIXe siècle, le docteur Fosty acquiert et transforme la propriété. De nouvelles ouvertures sont percées dans la façade, améliorant luminosité et confort, tandis que l’ancienne écurie est convertie en garage pour une voiture à cheval, témoignant de l’évolution des modes de déplacement.
Ainsi remaniée, la demeure conserve son caractère d’origine tout en s’adaptant aux besoins d’une famille bourgeoise. Au fil du temps, elle devient la Maison Frérotte et reste affectée à
l’habitation. Comme de nombreux bâtiments du faubourg, elle illustre la transformation progressive d’un paysage rural composé de fermes et d’ateliers à un tissu urbain plus résidentiel et
mixte.
Boulangerie Robert
Installée il y a près de cinquante ans dans les locaux de l’ancienne imprimerie de Félix Raty, la boulangerie Robert (qui a récemment fermé ses portes) perpétuait une certaine tradition artisanale chère aux habitants. Le lieu, chargé d’histoire, avait auparavant accueilli l’impression de faire-part, de souvenirs mortuaires et de cartes de visite. La Ville de Virton y faisait également réaliser ses documents administratifs, comme en témoignent les archives communales. Avant 1914, le journal catholique sortait des presses de chez Raty, tandis que l’imprimerie Pletinckx, située rue du Dr Jeanty, éditait La Sentinelle, journal libéral anticlérical.
Imprimerie Michel Frères
Rue Basse, la ville se resserre en un réseau de ruelles étroites. Le bâtiment abrite d’abord la quincaillerie de Léon Maheu, avant son départ pour Saint-Mard. À partir de 1935, il accueille l’imprimerie fondée par Martin et Franz Michel. Cette entreprise familiale s’inscrit durablement dans la vie locale, notamment par l’édition de publications régionales comme le Publivire dès 1946, largement diffusées en Gaume.
À ses débuts, l’imprimerie était installée au Faubourg d’Arival, dans un quartier marqué par la présence de librairies et de milieux intellectuels, formant un véritable pôle culturel au début du
XXe siècle. Le bâtiment de la rue Basse, sobre et fonctionnel, illustre l’architecture commerçante traditionnelle : une façade simple, adaptée à une activité artisanale.
Galerie HuGallan
Récemment ouverte à Virton, la galerie HugAllan s’inscrit dans la dynamique culturelle de la ville.
Installée dans le tissu urbain de Virton, la galerie participe au renouveau du centre-ville, en diversifiant les lieux d’expression artistique. Elle témoigne d’une volonté de rendre l’art plus proche, plus visible, et ancré dans le quotidien des habitants.
Ainsi, la galerie HugAllan incarne une forme actuelle de diffusion culturelle, où l’initiative privée joue un rôle essentiel dans la valorisation des artistes et la vitalité locale.
Galerie Hoffman
Située Grand-Rue, la galerie Daniel Hoffman s’inscrit dans le cœur historique de Virton. Cette artère principale, qui a longtemps concentré les activités économiques de la ville, a vu défiler générations de boutiques, d’ateliers et aujourd’hui de lieux d’exposition, participant à la vitalité du centre urbain.
La galerie Daniel Hoffman prolonge cette tradition en ouvrant un espace dédié à l’art et à la création. Elle témoigne d’une évolution des usages : d’un commerce essentiellement utilitaire (une boutique de mode au début du 20e siècle) vers une dimension plus culturelle, où la rencontre avec les œuvres et les artistes trouve sa place dans le quotidien des habitants.
Dominos
La Maison des Dominos, autrefois résidence du notaire Lambinet, est une ancienne demeure patricienne emblématique de Virton. La propriété est acquise par la Ville de Virton entre 1952 et 1953, en même temps que son parc privé, aujourd’hui transformé en parking.
Au fil des décennies, le bâtiment a connu de nombreuses affectations. Il accueille temporairement l’administration communale entre 1968 et 1970, durant les travaux de l’Hôtel de Ville, avant de devenir successivement Auberge de Jeunesse puis bibliothèque. Par la suite, il est consacré à des activités liées à l’enfance et à la jeunesse, ce qui lui vaut son appellation actuelle de « Maison des Dominos », en référence aux jeux d’enfants.
Aujourd’hui, elle abrite les consultations pour nourrissons, ainsi que les Académies de Musique et des Beaux-Arts.
Le Collège d’en bas / Gymnasium / Athénée royal
L’histoire de l’institution prolonge celle du Collège communal fondé en 1739. Dès 1841, le site actuel est occupé avec l’inauguration d’un Gymnasium. En 1843, un arrêté royal crée une École primaire supérieure, transformée en École moyenne en 1850. Celle-ci coexiste avec le Collège communal, qui dispense les humanités supérieures.
Entre 1881 et 1884, le Collège est érigé en Athénée royal. En 1920, il devient section d’Athénée annexée à l’École moyenne. La même année, une École normale pour instituteurs est rétablie sur le site et occupe une partie des bâtiments. Cette coexistence de plusieurs institutions explique les transformations successives du site. En 2000, l’établissement, désormais unifié, prend officiellement le nom d’Athénée royal Nestor Outer, consacrant l’héritage éducatif d’un lieu marqué par près de deux siècles d’enseignement.
Le carmel
Vers 1903, des religieuses venues de Nancy s’installent dans les anciens bâtiments de la brasserie Thomas. Le site est progressivement adapté à la vie conventuelle, avec l’aménagement d’une chapelle en 1924, d’espaces communautaires et la construction d’un mur d’enceinte isolant le monastère du tissu urbain. Le site accueille jusque 1989 une communauté vivant selon la règle du Carmel : prière, silence et clôture.
La chapelle conserve un décor peint attribué notamment au gantois René de Cramer. Ces peintures illustrent la vie de sainte Thérèse de Lisieux, l’iconographie carmélitaine et mariale, ainsi que des motifs floraux et angéliques, renforçant l’atmosphère de contemplation.
Après le départ des religieuses en 1989, l’ensemble connaît une reconversion progressive et accueille aujourd’hui la Maison du Pain.
Garage
La rue du Moulin doit son nom aux moulins autrefois installés le long du Ton, axe essentiel de l’activité locale du 16e au 19e siècle. Reliant la gare de Virton-Ville au centre, elle a longtemps été qu’un chemin de terre bordé de rigoles recueillant eaux pluviales et déchets, naturellement dirigés vers la rivière. C’est au bord de ce cours d’eau que se situe le garage qui nous occupe mais il est aussi associé aux tanneries, dont les eaux de trempage et de traitement des peaux contribuent à l’odeur caractéristique du quartier.
À la Cour Marchal, une fonderie exploite également la force hydraulique pour actionner soufflet et roue à aubes, produisant objets en fonte et ustensiles du quotidien. Plus en amont, la rivière reste un lieu de vie sociale, notamment utilisé par les lavandières.
Studiolo
Le Studiolo, espace créatif et modulable à Virton.
Issu de l’italien, le mot studiolo désigne une pièce dédiée à l’étude, à la réflexion et à la création. Un atelier, un bureau, un studio… un peu tout cela à la fois.
Tantôt salle ouverte pour les « Clubs dessin », tantôt l’atelier de Violaine Nothelier, graphiste virtonaise. Le Studiolo se transforme au gré des projets. Il s’exporte aussi à l’extérieur, notamment au kiosque pour PRINT✹TRUCS, et invite volontiers illustrateurs, illustratrices et autres amoureux des couleurs, des images et des affiches.
Aujourd’hui, le Studiolo devient salle d’exposition. On pousse les meubles, on réinvente l’espace, et on s’installe pour Cuest’Art 2026.
Séthicéram
Les virtonnais se sont chaussés dans cette boutique de nombreuses années.
Aujourd’hui, Séverine Leloup s’y est installée et anime des ateliers. Le lieu vise principalement au travail de la céramique, qui demande beaucoup d’humilité et de patience.
Outre la reconnexion avec les éléments, elle permet la création de pièces durables, concrètes et matérialisables, au travers de techniques ancestrales.
Toutes ces petites choses qui ramènent à de vraies valeurs de vie, de partage, d’entraide.
Ce qui n’ empêche pas les , au gré de l’imagination, de dépoussiérer la céramique utilitaire de nos grands-mères !
La curiosité et l’intérêt pour l’artisanat ne s’arrêtant pas à la céramique, il arrive parfois que différentes techniques se croisent…
Ex atelier Sébillot
Cette maison, comme celle qui la précède, faisait partie intégrante de l’école ménagère et agricole installée à la fin du 19ᵉ siècle dans un bâtiment appelé « Maison Mortehan » (puis « Maison Louette », aujourd’hui occupé par le CPAS). L’établissement scolaire demeurera sur ce site jusqu’en 1932.
Dès son implantation, un corps de ferme y fut annexé. À l’emplacement de l’actuelle vitrine et de la porte se trouvait autrefois l’entrée de la grange.
L’école avait pour mission d’enseigner les techniques de lessivage et de repassage, ainsi que des matières théoriques telles que l’hygiène, l’économie domestique et la comptabilité ménagère.